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Points Credit : No points awarded for discounted products. Fidèle à lui-même, Oulahlou, avec un verbe aiguisé et son franc parler nous brosse la réalité de sa Kabylie natale dans certains de ses titres. Mais, l'originalité de cet album, comme le laisse entendre le titre, est qu'il est tourné vers l'amour: l'amour lointain, l'amour perdu, l'amour impossible, l'amour de l'être aimé, l'amour de la liberté, et.... l'amour de la Kabylie.
HEMLEGH-KEM (titre français : AMOUR ET LIBERTE)
La liberté sous toutes ses formes et l’amour sans bornes sont les thèmes majeurs que l’on peut retrouver à travers toute l’œuvre d’Oulahlou, d’Ithviren, son premier succès, à cet album. Pour Oulahlou, artiste non-conformiste et iconoclaste qui a toujours préféré vagabonder hors des sentiers battus par les pionniers et les anciens, la liberté est une culture, voire une religion. Libre penseur, il prend souvent la liberté de bousculer la société dans ce qu’elle a de plus frileux ou d’ankylosé. Au prix d’un boycott des médias officiels algériens qui poursuivent inlassablement leur travail de folklorisation de la chanson kabyle, Oulahlou, véritable poil à gratter du pouvoir et de la société, adore nager à contre courant des modes de vie et de pensée. Artiste pleinement engagé dans la promotion et la sauvegarde de la culture berbère, tous ses albums font la part belle à ce combat qu’il a épousé longtemps avant sa percée sur la scène de la chanson et sa rencontre avec le grand public. Cet album riche et foisonnant est coulé dans ce même moule de la passion et de la contestation. Oulahlou a toujours fait de la tendresse et de l’humour ses armes préférées. C’est sans doute pour cela qu’on le compare souvent à l’illustre Brassens avec lequel il partage la verdeur du verbe et l’ironie mordante.
L’album Hemlegh-Kem tourne beaucoup autour du thème de l’amour. L’amour de la femme et celui du pays. Ce pays kabyle où la fierté ne se conjugue qu’avec la dignité. L’amour tout court aussi. Dans Arraw Tlleli, Tidett ou Marguerite, Oulahlou revendique haut et fort la place qui revient de droit à sa culture. Il rend hommage à l’immortelle Taos Amrouche, souligne la permanence du fait berbère dans Arraw Tlleli et jure de dire la vérité, toute la vérité dans Tidett.
Avec des titres comme T’en vas pas, Ma Bohème, Vive La Liberté et Imi d kem, Oulahlou exorcise simplement son chagrin d’amour. Pour un artiste, il n’y a, en effet, rien de mieux, qu’une chanson pour panser les blessures d’une rupture.
On peut reprocher à Oulahlou de nous faire trop attendre entre deux albums mais le résultat est à chaque fois à la hauteur de nos espérances et chaque album est un événement. Pour tous les amoureux dont le cœur bat pour quelqu’un, pour tous ceux qui font de leur culture un combat, pour les amoureux de belles musiques, de la mélodie du terroir qui, comme le ruisseau, prend sa source tout en haut de la montagne, cet album est un véritable baume sur le cœur. Musique universelle, voix chaude et grave, guitares limpides et très présentes, mélodies accrocheuses, on se laisse volontiers séduire et bercer par ces chansons qui confirment tout le talent d’un Oulahlou fidèle à lui-même.
18 Chefs d'oeuvre
1- Essek Akin :
L’islamiste qui cherche à imposer une sous culture importée d’orient est ici peint sous les traits repoussants d’un bouc qui tente de s’immiscer dans un troupeau auquel il n’appartient pas. “Le voile, propose le donc à tes chèvres”, chante Oulahlou, “nous, nous avons nos coutumes et nos traditions”.
2- Hemlegh Kem :
Je t’aime. C’est le mariage subtil et le mélange métaphorique entre l’amour d’une femme et celui d’une terre natale à laquelle Oulahlou a été toujours viscéralement attaché. On pourrait croire que l’amoureux transi parle de sa bien aimée. En fait, il s’agit de son village et de sa Kabylie auxquels il ne veut substituer ni le Canada, ni la Chine ni l’Egypte, ni aucun autre pays.
3- Ighuraf :
« Le Moulin » est une très belle chanson qui rend hommage à l’un des aspects les plus symboliques de la culture kabyle : l’olivier et son huile magique. A travers un voyage plein d’images aussi instructives qu’attrayantes, Oulahlou revisite le processus complet de la fabrication de cette potion divine qui a toujours donné sa force et sa vigueur au kabyle. Avec, cependant, cette petite touche nostalgique des temps bénis de l’abondance.
4- Imi d’kem :
“Mon âme sœur, je connais par cœur tes blessures et tes douleurs. Je serais toujours là pour toi, puisque c’est toi, mon autre moi”. Cette adaptation d’une chanson d’Axelle Red est une belle petite ballade où la voix chaude d’Oulahlou exprime avec beaucoup de douceur l’engagement d’un amoureux qui tente de rassurer la campagne dont il sent monter les appréhensions. L’amour, loin des clichés éculés et des canevas où l’on a enfermé des générations de poètes et de chanteurs. L’amour comme il a rarement été chanté en kabyle. L’amour avec des mots de tous les jours.
5- Kem Dihin :
Toi si loin. L’absence de l’être aimé qui se trouve de l’autre côté de la mer et toute la frustration qui en découle. Sur un tempo assez élevé pour coller à la réalité de ces milliers de jeunes frustrés de ne pouvoir suivre un amour de vacances vécu trop brièvement au village ou sur une plage d’Azzefoun ou de Tichy, et qui est reparti vers un Paris inaccessible. Oulahlou oppose des images de deux mondes parallèles qui ne se rencontrent que rarement.
6- Tidett :
Sans conteste, il s’agit là de l’une des plus belles compositions d’Oulahlou. Mélange de force, de douceur et de tranquille conviction où l’artiste réitère son engagement à toujours lutter pour qu’éclate la Vérité. “Vous pouvez me couper la langue, les mains, les pieds mais vous ne pourrez jamais, jamais, et jamais vous ne pourrez, m’enlever la vérité de la bouche”, chante Oulahlou.
7- Tassadit :
Adaptation kabyle très réussie de Margot de Brassens. L’occasion pour Oulahlou de déployer toute sa verve pour vilipender la morale hypocrite des faux dévots et des bien-pensants. Par delà cette fable moderne, la fin de la chanson et la mort de Tassadit est, pour l’artiste, l’occasion de tirer la sonnette d’alarme pour rappeler la détresse sentimentale d’une jeunesse kabyle qui compte le taux de suicide le plus élevé du pays.
8- Tmekthayedg-d :
La nostalgie des souvenirs d’enfance. Enfant, Oulahlou a toujours été farceur et facétieux. Adulte, il continue de prendre la société à contre-pied avec des chansons mordantes, drôles mais toujours pleines de tendresse sauf, bien sûr, quand il s’agit de critiquer le pouvoir.
9- Arraw n’telleli :
Les enfants de la liberté. A travers un grand survol de l’histoire de la Kabylie et des différents occupants qu’elle a connue, tels que Phéniciens, Romains, Arabes, Ottomans et Français, la culture kabyle persiste à survivre, soutenue par cet amour immodéré pour la liberté. La liberté sous toutes ses formes, thème central, chez Oulahlou, trouve dans cette chanson toute latitude pour éclater.
10- Tibexsisin :
Les figues. Les figues de toutes sortes est une chanson didactique, qui nous dit tout de ce fruit qui a toujours nourri nos ancêtres. Belles, rondes, charnues, sensuelles, elles rappellent par leurs formes arrondies d’autres corps, et deviennent sous le verbe croustillant d’Oulahlou l’objet de tous les désirs.
11- Azuxzux :
Le dindon. Comme son nom kabyle l’indique, cet animal a toujours symbolisé l’orgueil. Rien de mieux pour symboliser un président frivole.
12- Marguerite :
L’une des chansons les plus abouties d’Oulahlou. En hommage à la grande Taos Amrouche, victime de l’ostracisme d’un Etat qui a toujours nié la culture kabyle et ceux qui la portent. Oulahlou rend hommage également et par la même occasion aux écrivains, Jean Amrouche et Malek Ouary.
13- Tasumta :
L’Oreiller. “Bonnes gens, laissez nous vivre, nous avons soif d’amour”, chante Oulahlou qui se fait le porte parole d’une jeunesse qui ne peut vivre l’amour que dans ses rêves. C’est la chanson de l’amour interdit et du baiser volé. Il y a beaucoup de chaleur, de la tendresse et un zeste d’humour dans cette belle mélodie servie par une voix chaude et deux guitares acoustiques. Du pur Brassens kabyle.
14- Izem d taghzalt :
L’amour aveugle où le lion séduit par la gazelle se fait berner et accepte de se faire couper les ongles. Belle adaptation d’une fable de La Fontaine avec l’humour et le sens de la dérision propres à Oulahlou.
15- La paix dans l’âme :
Quand Oulahlou se fait philosophe. Il n’a pas peur de la mort, ni du gendarme, ni de l’avion, ni des souris, ni de la guerre. Il a vraiment la paix dans l’âme hormis la peur de sa femme.
16- Ma Bohême :
L’amour sans servitude. C’est l’amour version bohème où la passion librement partagée dans une vie faite d’insouciance, de fantaisie et de non conformisme. L’amour tel que rêvé puis vécu par Oulahlou avant qu’il ne s’évapore comme un mirage dans un désert.
17- T’en vas pas :
“Mon cœur n’est pas un gadget, un jouet que l’on achète puis qu’on casse et que l’on jette”. Tout est dit dans ce cri du cœur qui dit toute la douleur d’une rupture brutale.
18- Vive la liberté :
Une femme de perdue et c’est la liberté de retrouvée. Voilà une façon originale de se consoler d’une femme qui vous quitte. Merci de me quitter. “Après tout je suis né pour être libre sur ma montagne comme un tigre. Et puis je n’aime pas Paris et son stresse et son ciel. Je préfère mes collines, mes oliviers, mes racines et le soleil de Kabylie”.
Biographie
Oulahlou, de son vrai nom Abderrahmane Lahlou, est né le 9 août 1963 à Takorabt, un petit village des Ath Abbas, dans la Kabylie des Bibans. Ses premières études, il les fit à l’école primaire du village puis au collège Jean Amrouche, au village voisin d’Ighil Ali, pays natal de Jean El Mouhouv Amrouche, Marguerite Taos Amrouche et Malek Ouary. Après des études secondaires au lycée d’Akbou, ville phare de la haute Soummam, il obtint son baccalauréat, série Lettres, en 1982 avant de rejoindre l’université de Constantine. Constantine, car le pouvoir, à l’époque, avait décidé d’orienter les étudiants kabyles vers les universités de l’est du pays pour ne pas grossir les rangs de la contestation à Alger et Tizi Ouzou.
La période du lycée et de l’université coïncide, en effet, avec l’agitation politique, la contestation et le bouillonnement culturel qui marqueront de façon indélébile le futur chanteur engagé qu’il ne tardera pas à devenir.
C’est également à cette période qu’il fait ses premiers pas dans le monde de la chanson en reprenant les tubes engagés d’Idir et de Ferhat Imazighen Imoula sur des scènes improvisées, devant ses camarades lycéens ou étudiants. Parallèlement à ses études de psychologie, il se consacre corps et âme à la musique. S’ouvrant sur d’autres horizons, il s’initie à tous les styles musicaux et découvre la langue et la culture chaouie dont il s’imprègne profondément. Une influence qui se traduira plus tard par quelques compositions dans le style typique et la langue des Aurès.
Après son obtention d’une licence en psychologie, il revient en Kabylie et s’investit dans le mouvement associatif au niveau de son village. Il anime, notamment, une chorale enfantine à laquelle il destine ses premières œuvres musicales.
Son envol artistique ne prend réellement effet qu’à la fin de l’année 1998, lorsque, sur insistance de quelques amis, il se décide enfin à produire son premier opus intitulé “Ithvirene” « Les pigeons ».Encouragé par l’accueil enthousiaste d’un public qui s’élargit de plus en plus, il produit sur sa lancée une deuxième cassette de six titres en 1999.
Le titre phare, “Afouss i Bouteflika” « vive le président », rencontre un grand succès auprès d’un auditoire attentif qui apprécie de plus en plus ce Style particulier et novateur d’Oulahlou qui s’aventure sur des thèmes très souvent à la limite du tabou.
En 2000, il sort son troisième album intitulé “Ouchen d Weydhi” « Le Loup et Le Chien ». Oulahlou maintient son cap de chanteur libertaire en revenant avec humour, sarcasme et tendresse sur le sujet qui lui tient le plus à cœur : la liberté.
En 2001, son quatrième album : “Pouvoir Assassin”, qui survient quelques mois après l’éclatement des tragiques événements du printemps Noir de Kabylie, fait l’effet d’une bombe. “Pouvoir Assassin” s’arrache littéralement chez les disquaires et le titre devient aussitôt l’hymne que toute la Kabylie reprend lors des manifestations publiques qui drainent des milliers de marcheurs.
En 2002, il produit un cinquième album, “Ulac Smah ulac” pour rendre hommage aux nombreux jeunes martyrs tombés sous les balles des gendarmes. Il rend également hommage au passage au chanteur contestataire Ferhat, son père spirituel de toujours. Désormais, d’autres horizons s’ouvrent à lui et il se produit en France sur la scène parisienne en animant un premier gala à la Cigale en septembre 2003.
Fin 2004, sortie d’un album de 12 titres : “Azul a lparis” avec une inspiration très perceptible des chanteurs français à texte tels que Brassens, Renaud et Georges Moustaki, dont il adapte “Le Métèque” en kabyle. Deux ans plus tard viendra un autre album intitulé “Arraw n Tlleli”, « Les Enfants de la Liberté ». En 2008, c’est l’album “Hemelgh kem” avec toujours les mêmes influences et les mêmes thèmes qui lui tiennent à cœur.
Se produisant toujours en marge des circuits officiels, Oulahlou, qui a su se forger un public qui l’apprécie et le suit, confirme qu’il est le digne fils et le continuateur des grands noms qui ont fait la gloire de la chanson kabyle.
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