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Symbolique du tifinagh
Dans la sagesse amazighe il y a toujours ce souci de convergence du matériel, palpable (voyage, écriture, parole) et de l’immatériel (destinée, signe, sens caché). Le graphème tifinagh (corps et esprit de la lettre) concentre en lui cette dualité céleste et terrienne dans lesquelles évolue l’être humain : il renvoie à deux dimensions complémentaires, jamais opposées ni hiérarchisées, qui trouvent leur réalisation définitive (le sens, l’atteinte du but, la résolution de l’énigme), dans l’Homme.
Chaque lettre contient une signification ésotérique qui renvoie au cheminement de l’être humain dans la vie et dans l’espace qu’il parcourt ; les femmes touaregs, détentrices de ce savoir millénaire, transmettent encore cette sagesse contenue dans ces symboles, et l’utilisent pour transcrire des messages généralement courts à fonction ludique, pour exercer l’intelligence des enfants et la sagacité des grands à résoudre des énigmes ; les amoureux l’emploient également pour conférer à leurs déclarations, leurs poèmes une portée mystique, que la parole ne peut exprimer seule.
L’Aza, l’icône tifinagh par excellence, illustre très bien cette complémentarité, cette union totale, dirons- nous, entre la sphère céleste et la dimension terrestre, qui se rejoignent, en toute harmonie en l’Homme, qui en est le lien et le point de fusion, à l’exemple de cette pensée pascalienne qui représente L’Homme comme le point de jonction entre l’infiniment grand et l’infiniment petit.
Z : (Z)
Symbole tifinagh fort, il est la représentation d’une humanité en marche, debout, luttant pour survivre ; c’est également l’Homme spirituel, tendu vers la sphère céleste et la portant à bout de bras ; homme terrien aussi, jambes en aplomb sur le sol qu’il arpente et qu’il féconde, la demi sphère inférieure étant une représentation de l’espace qui le porte.
L’aza représente l’ambivalence de l’être : Homme debout, pieds posés sur terre, bras soutenant le ciel, l’être humain étant le point de liaison entre le monde d’en haut et le monde d’en bas, entre l’infiniment grand, l’Invisible, et le monde terrestre, concret et palpable : tête relevée, bras tendus pour recevoir l’offrande, pluie ou bénédiction, moisson ou révélation.
Trois pieds qui assurent un maintien parfait, la stabilité sur terre, et non pas un appendice sexuel proéminent comme certains n’osent l’avouer ; et pourquoi pas, malgré tout ? L’Homme fécondant la terre - matrice, le pied- soc de la charrue ; liaison entre deux mondes, actes de réception et de fécondation.
Un autre concept est lié à la lettre Aza : celui de l’arbre debout, toujours vertical, enraciné dans sa terre, à l’image de l’Amazighe, Homme forcément terrien, recevant sa subsistance du sol qui le porte ; branches tendues vers le ciel, offrant leurs fruits et recevant la pluie régénératrice.
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